cossart

Paula Cossart

Maître de conférences en sociologie (sociologie historique)
Université de Lille III
Département Sociologie et développement social - UFR DECCID
Centre de Recherche “Individus, Épreuves, Sociétés” (CeRIES)
Membre de l’Institut Universitaire de France (IUF)
Page « Academia » : https://univ-lille3.academia.edu/pcossart



Principaux domaines de recherche

Sociologie historique de la démocratie participative, assemblées politiques, délibération

On assiste depuis les années 1980 à la multiplication de discours politiques et savants sur les vertus de la démocratie participative ou délibérative. En parallèle, s’institutionnalisent dans les démocraties occidentales divers dispositifs dont l’ambition commune est d’accroître la participation des citoyens par la discussion collective d’enjeux publics. Or ceux-ci sont souvent perçus comme un nouveau remède à la crise que connaît le gouvernement représentatif. Mes recherches actuelles, à la croisée de la sociologie, l’histoire et la science politique, visent à historiciser cet impératif délibératif, et à retracer la genèse de ce phénomène comme discours et pratique politique. Portant sur divers terrains, elles s’articulent autour de trois axes problématiques :

  • Effets des procédures délibératives sur les participants (formation à la citoyenneté et empowerment)
  • Conséquences sur la sphère publique de la participation des citoyens à des débats (influence sur l’action publique de ces dispositifs et lien avec les mouvements sociaux)
  • Liens entre des contextes historiques spécifiques et la valorisation de la délibération populaire.

Sur cette question, voir notamment : Paula Cossart, Le meeting politique. De la délibération à la manifestation (1868-1939), Rennes, PUR, 2010.

Amour, mariage, adultère

Mes recherches ont également porté sur un autre domaine : la question du mariage et de l’adultère au 19e et au 20e siècles, et la sociologie du genre. Mes travaux sur ce point ont consisté essentiellement en une enquête poursuivie pendant plusieurs années sur la longue liaison qu’ont entretenue, sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, deux amants adultères dont j’ai étudié la correspondance. Je me suis intéressée à la menace que fait peser sur leur honneur, la confrontation des amants aux normes de la respectabilité sociale, en montrant qu’à travers le récit sur soi que constitue leur correspondance, ils vont chercher à sauver leur existence du déshonneur. Je me suis aussi penchée sur la question de la place de l’émotion dans ces lettres, en montrant qu’elle est caractéristique de l’expression de l’amour romantique, propre à l’époque. Les questions soulevées par mes recherches en ce domaine rejoignent celles abordées par mon travail sur le politique sur deux points essentiels :

  • La sociologie historique des émotions, et plus spécifiquement de la façon dont on peut mettre au jour des "régimes émotionnels" (William M. Reddy) propres à des périodes et milieux sociaux spécifiques
  • La question du rapport entre le droit et les mœurs, la façon dont les règles juridiques peuvent être pensées - ou non - comme susceptibles de façonner les comportements des individus.

Sur cette question, voir notamment : Paula Cossart, Vingt-cinq ans d'amours adultères, Correspondance sentimentale d'Adèle Schunck et d'Aimé Guyet de Fernex (1824-1849), Paris, Fayard, 2005.